III) La survie
1) Enjeux nutritifs
Les fourmis ont développé une technique particulière de survie lorsqu'une ouvrière est affamée, la trophallaxie.
La trophallaxie est composée de deux mots: "trophos" venant du mot grec nourriture et de "laxis" voulant dire échanger. Ce nourrissage par échange est une des remarquables capacité des fourmis. Cela grâce au jabot, estomac social, dont le fonctionnement est comparable à celui d'une pompe. Lorsqu'une fourmis ingurgite des aliments, une partie va directement dans son estomac et l'autre dans son jabot social. Ce dernier accueille la nourriture commune et une fois revenue à la fourmilière, elle régurgite la nourriture stockée de son jabot aux fourmis qui demandent un échange nutritif ou à une partie de la colonie ne pouvant pas sortir de la fourmilière, tel que le couvain ou une nurse. Quand une ouvrière est affamée elle demande une trophallaxie par communication tactile, par petits tapotements et caresses sur le crâne avec les pattes et les antennes. La fourmis receveuse accompagnent leur langage par une rotation de la tête à 90° de gauche à droite. Elle-même écarte largement ses mandibules pour accueillir la goutte de nectar régurgitée par l'autre fourmis.
Ce mouvement est très banal dans la société myrmécéenne, mais cela est bien un moteur de la vie sociale permettant aux fourmis de se rapprocher les unes des autres et de survivre. Ceci nous prouve bien que les fourmis constituent une société et que, même leur organisme s'est adapté à la vie en colonie au cours de leur développement. Le baiser vient de la trophallaxie, les romains ont observé ce phénomène et ont tout de suite compris le geste social commis. De nos jours l'acte n'a plus le même sens.
2) Préserver les générations futures
La reine, est la base de la fourmilière, sans elle, les fourmis ne peuvent pas survivre, elles vieillissent puis meurent. La reine est isolée des autres fourmis car elle assure la descendance de ses congénères, elle est constamment en train de pondre des larves. Ces nouveau-nés sont accompagnés et entretenus par les ouvrières durant tous les stades de leur croissance.
Dans les colonies en pleine activité, des ouvrières font la toilette de la reine à l'aide de leur langue, la nourrissent des meilleurs aliments et emportent les nouveaux oeufs pondus dans les nurseries. Pendant la journée, quand le soleil est au zénith et que la surface du sol chauffe, les oeufs sont placés dans des nurseries situées aux étages supérieurs; le soir, c'est le fonctionnement inverse, les ouvrières descendent les larves dans les nurseries les plus profondes et chaudes.
Quel que soient les endroits où s'installent les fourmis, les jeunes sont toujours soigneusement protégés à tous les stades de leur croissance.
Si un nid souterrain isolé venait à être inondé, les fourmis sauveraient en priorité les jeunes : des colonnes serrées d'ouvrières excitées sortent de la fourmilière et s'éloignent, transportant rapidement en lieu sûr les oeuf, larves et pupes, qu'elles transportent dans leurs mandibules.